Un agent SSIAP passe l’essentiel de son temps à empêcher que l’incendie survienne : rondes, contrôle des moyens de secours, surveillance des installations et sensibilisation des occupants. Il est aussi celui qui réagit le premier lorsqu’une alarme se déclenche ou qu’une personne a besoin d’aide. Voici à quoi ressemble concrètement une journée de service.
Un métier défini par la réglementation
Les missions, la formation et les conditions d’emploi des agents des services de sécurité incendie des ERP et des IGH sont encadrées par un texte spécifique, l’arrêté du 2 mai 2005. On y retrouve le cœur du métier :
- la prévention des incendies ;
- la sensibilisation du personnel en matière de sécurité contre l’incendie et d’assistance à personnes ;
- l’entretien élémentaire des moyens concourant à la sécurité incendie ;
- l’alerte et l’accueil des secours ;
- l’évacuation du public ;
- l’intervention précoce face aux départs de feu ;
- l’assistance à personnes au sein de l’établissement ;
- l’exploitation du poste de sécurité (PC sécurité).
Ces missions concernent d’abord l’agent de terrain, le SSIAP 1. Le SSIAP 2 les organise et encadre l’équipe, le SSIAP 3 pilote le service (voir notre article SSIAP 1, 2, 3 : quelles différences ?).
La prise de poste : savoir où l’on en est
Une vacation commence par la relève. L’agent sortant transmet les informations utiles : événements survenus, équipements hors service, travaux en cours, consignes particulières de la journée. L’agent entrant consulte la main courante, vérifie l’état du système de sécurité incendie (signalisations en cours, dérangements, zones éventuellement isolées) et s’assure que ses moyens de communication fonctionnent.
Cette étape paraît administrative, elle est pourtant essentielle. Un détecteur mis hors service pour des travaux, une porte coupe-feu bloquée, un ascenseur à l’arrêt : ce sont précisément les informations qui changent la conduite à tenir en cas d’incident.
Les rondes : voir avant que cela ne brûle
Les rondes de prévention constituent une part importante du service. L’agent parcourt l’établissement, y compris les zones peu fréquentées (réserves, locaux techniques, sous-sols, toitures accessibles). Il vérifie notamment :
- que les dégagements et issues de secours sont libres et que les portes s’ouvrent ;
- que les portes coupe-feu ne sont ni calées ni entravées ;
- que les extincteurs sont en place, accessibles et apparemment en bon état ;
- que l’éclairage de sécurité et la signalisation des issues sont visibles ;
- qu’aucun stockage ne s’accumule près d’une source de chaleur ou dans une circulation ;
- qu’aucune anomalie électrique, odeur suspecte ou fuite n’est visible.
Chaque anomalie est signalée, traitée lorsque c’est possible (dégager une issue, refermer une porte coupe-feu) et consignée. L’agent n’est pas un technicien de maintenance : il assure l’entretien élémentaire et alerte pour le reste. Notre article sur les rondes de sécurité et la main courante détaille l’intérêt de cette traçabilité.
Le PC sécurité : le centre nerveux
Lorsqu’il est en poste au PC sécurité, l’agent surveille les tableaux de signalisation du système de sécurité incendie. Une alarme restreinte s’affiche ? Il engage immédiatement la levée de doute : reconnaissance sur place, qualification de l’événement, puis décision selon la consigne de l’établissement (fausse alarme traitée et tracée, ou déclenchement de l’alarme générale et appel des secours).
Le PC sécurité est aussi le point de contact pour le personnel de l’établissement : un salarié qui constate une fumée, un malaise ou un comportement à risque doit savoir qui appeler et comment.
La surveillance des travaux
Les travaux sont une source classique de départ de feu, notamment lorsqu’ils impliquent des points chauds (soudure, découpe, meulage). L’agent SSIAP vérifie que les permis de feu prévus par l’établissement sont délivrés, que les précautions sont prises (zone dégagée, extincteur à proximité) et organise une surveillance de la zone après la fin des travaux, le temps que tout risque de reprise soit écarté. Il veille aussi à ce que les mises hors service de détection liées au chantier soient connues, limitées et levées dès que possible.
L’assistance à personnes
Les lettres « AP » du sigle SSIAP ne sont pas un détail. Les agents sont formés au secourisme et interviennent auprès des personnes victimes d’un malaise, d’une chute ou d’un accident dans l’établissement. Ils protègent, alertent les secours, réalisent les gestes de premiers secours et guident les équipes de secours jusqu’à la victime. Dans un centre commercial ou une salle de spectacle, ces interventions peuvent représenter une part notable de l’activité.
Quand l’incendie survient
En cas de feu confirmé, l’agent applique la procédure de l’établissement :
- alerte des secours publics et, selon la consigne, déclenchement de l’alarme générale ;
- attaque du feu avec les moyens de première intervention, uniquement si cela peut se faire sans se mettre en danger ;
- mise en sécurité du bâtiment (vérification du compartimentage, du désenfumage) ;
- évacuation du public, en coordination avec le personnel désigné et en portant une attention particulière aux personnes ayant besoin d’aide ;
- accueil et guidage des sapeurs-pompiers, transmission des informations utiles (localisation, personnes manquantes, risques particuliers).
À l’arrivée des secours, l’agent reste à leur disposition : il connaît le bâtiment, ses accès, ses organes de coupure.
La sensibilisation des occupants
Enfin, l’agent SSIAP participe à la culture de sécurité de l’établissement. Il rappelle les consignes, explique pourquoi une porte coupe-feu ne se cale pas, contribue à l’organisation des exercices d’évacuation et aide le personnel à repérer les moyens de secours. Un personnel sensibilisé facilite beaucoup le travail du service de sécurité.
Ce qu’un agent SSIAP n’est pas
L’agent SSIAP est spécialisé dans la sécurité incendie et l’assistance à personnes. Il n’est pas, par principe, un agent de sûreté chargé de la lutte contre la malveillance (contrôle d’accès, prévention du vol), qui relève d’une autre qualification. Sur certains sites, les deux fonctions coexistent ; elles doivent alors être clairement réparties dans le contrat et dans les consignes de poste.
En résumé
Au quotidien, l’agent SSIAP prévient (rondes, contrôle des moyens de secours, surveillance des travaux), surveille (exploitation du PC sécurité, levée de doute), assiste (secourisme, aide aux personnes) et intervient en cas d’incendie (alerte, première intervention, évacuation, accueil des secours). Ses missions sont encadrées par l’arrêté du 2 mai 2005, et l’organisation du service dépend des obligations propres à votre établissement.
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