Un bon plan d’évacuation ne se résume pas à un schéma affiché près de l’ascenseur. Il repose sur un diagnostic des lieux, une organisation humaine claire, des consignes compréhensibles et des exercices réguliers qui permettent de le corriger. Voici la méthode pour le préparer, étape par étape.
Plan, consignes, organisation : de quoi parle-t-on ?
Le terme « plan d’évacuation » recouvre en pratique plusieurs éléments complémentaires :
- le plan d’évacuation affiché, destiné aux occupants : il situe le lecteur (« vous êtes ici »), indique les cheminements vers les sorties, les moyens d’alarme et d’extinction ;
- le plan d’intervention, destiné aux secours : il localise les accès, les organes de coupure (gaz, électricité), les locaux à risques et les moyens de secours ;
- les consignes de sécurité, qui disent quoi faire, qui prévenir et comment ;
- l’organisation interne de l’évacuation : qui guide, qui vérifie, qui compte.
Les obligations précises (affichage, contenu des consignes, exercices) varient selon que le bâtiment est un lieu de travail, un ERP, un IGH ou un ensemble mixte. Le code du travail, le règlement de sécurité incendie des ERP et celui des IGH comportent chacun leurs exigences. Commencez donc par identifier le ou les régimes qui s’appliquent à votre bâtiment (notre article sur les obligations de sécurité incendie des ERP donne les clés de lecture).
Étape 1 : le diagnostic des lieux
Avant de dessiner quoi que ce soit, parcourez le bâtiment avec un regard d’occupant pressé et inquiet :
- les sorties et issues de secours : combien, où, sont-elles réellement accessibles et manœuvrables ?
- les cheminements : sont-ils évidents ? Une personne qui ne connaît pas les lieux trouve-t-elle la sortie la plus proche sans hésiter ?
- les obstacles : stockages provisoires devenus permanents, portes verrouillées « pour la sécurité », mobilier dans les circulations ;
- les zones isolées : sanitaires, locaux techniques, réserves, bureaux en fond de couloir, où une alarme peut être mal entendue ;
- le point de rassemblement : à l’écart du bâtiment, hors des voies d’accès des pompiers, assez vaste pour l’effectif.
Ce diagnostic fait souvent apparaître des écarts entre le plan théorique et la réalité du terrain. Ce sont eux qu’il faut corriger en priorité.
Étape 2 : définir les rôles
Une évacuation efficace repose sur des personnes identifiées, formées et suppléées en cas d’absence. On retrouve classiquement :
- les guide-files, qui orientent les occupants vers les sorties et ouvrent la marche ;
- les serre-files, qui ferment la marche et vérifient qu’aucune personne ne reste dans les locaux (sanitaires, salles fermées) ;
- un responsable d’évacuation par zone ou par niveau, qui fait remonter l’information ;
- un responsable du point de rassemblement, chargé du comptage et du lien avec les secours.
Lorsque l’établissement dispose d’un service de sécurité incendie, les agents SSIAP coordonnent l’ensemble depuis le PC sécurité et assurent l’accueil des sapeurs-pompiers. Le rôle de l’agent SSIAP au quotidien inclut d’ailleurs l’organisation de l’évacuation du public.
Pensez aux horaires atypiques : le soir, le week-end, lors d’un événement, l’organisation habituelle peut être incomplète. Le plan doit prévoir qui prend le relais.
Étape 3 : ne pas oublier les personnes qui ont besoin d’aide
Personnes à mobilité réduite, malvoyantes ou malentendantes, personnes âgées, enfants, visiteurs qui ne connaissent pas les lieux : tous n’évacuent pas de la même façon. Le plan doit prévoir :
- l’identification des personnes susceptibles d’avoir besoin d’assistance, notamment parmi le personnel ;
- les solutions de mise à l’abri lorsque l’évacuation immédiate n’est pas possible, par exemple des espaces d’attente sécurisés lorsque le bâtiment en comporte ;
- les moyens d’alerte adaptés (signal visuel en complément du signal sonore, par exemple) ;
- la désignation d’accompagnants, formés à leur rôle.
Les consignes d’évacuation doivent tenir compte des différents types de handicap : c’est un point régulièrement examiné lors des visites de la commission de sécurité.
Étape 4 : rédiger des consignes lisibles
Une consigne efficace se lit en quelques secondes. Elle indique, dans l’ordre :
- comment donner l’alerte (déclencheur manuel, numéro interne, appel des secours) ;
- ce qu’il faut faire (fermer les portes derrière soi, ne pas utiliser les ascenseurs, suivre le balisage) ;
- ce qu’il ne faut pas faire (revenir chercher ses affaires, rester dans les sanitaires) ;
- où se trouve le point de rassemblement.
Utilisez les pictogrammes normalisés, des phrases courtes et, dans les lieux qui accueillent un public étranger (fréquent à Strasbourg et dans un Grand Est frontalier), une traduction ou une signalétique compréhensible sans lire le français.
Étape 5 : exercer, observer, corriger
Un plan qui n’a jamais été testé est une hypothèse. Les exercices d’évacuation permettent de vérifier que l’alarme est entendue partout, que les rôles sont tenus, que le comptage fonctionne et que les délais sont raisonnables. Leur organisation et leur fréquence dépendent des textes applicables à votre bâtiment : vérifiez-les auprès de votre chargé de sécurité ou de la commission de sécurité.
Après chaque exercice, organisez un retour d’expérience :
- qu’est-ce qui a ralenti l’évacuation ?
- quelles zones ont été mal couvertes ?
- quelles consignes n’ont pas été comprises ?
Consignez l’exercice et ses enseignements, par exemple dans le registre de sécurité lorsque l’établissement en tient un, puis corrigez le plan.
Étape 6 : tenir le plan à jour
Un plan d’évacuation vieillit vite. Il doit être revu lors de travaux d’aménagement, d’un changement d’affectation d’un local, d’un déménagement d’équipe ou d’une modification des moyens de secours. Un plan affiché qui ne correspond plus à la configuration des lieux peut induire en erreur au pire moment.
En résumé
Préparer un plan d’évacuation, c’est diagnostiquer les lieux, désigner des rôles (guide-files, serre-files, responsables de zone, comptage), prévoir l’assistance aux personnes qui en ont besoin, rédiger des consignes lisibles, puis exercer et corriger. Les obligations précises dépendent du régime de votre bâtiment (lieu de travail, ERP, IGH) : en cas de doute, rapprochez-vous de votre chargé de sécurité ou de la commission de sécurité.
À Strasbourg, dans le Bas-Rhin et le Grand Est, Prestige Sécurité accompagne les établissements dans l’organisation de leur sécurité incendie, avec des agents SSIAP pour encadrer vos évacuations. Contactez-nous : devis sous 24 h ouvrées.